J’écris pendant la Semaine Sainte. Le Vendredi Saint pose une question dramatique : si le Fils de Dieu ne s’était pas fait homme, s’il n’avait pas subi ce supplice, le monde serait-il différent ? Est-ce que je serais différent ? Cette question peut se poser quand on regarde l’état du monde en ce moment. Il serait terrible que Jésus fût mort pour rien, ou se soit fait homme pour rien. Mais justement parce que ce serait terrible, posons-nous la question personnellement : est-ce que je serais différent ?
Nous célébrons la Semaine Sainte dans une année sainte consacrée à saint François d’Assise. L’influence du Pauvre d’Assise est considérable, que ce soit en tant qu’inspirateur de vie chrétienne ou en tant que messager auprès des non-chrétiens (l’exemple le plus connu étant sa rencontre avec le Sultan). S’il n’avait pas pris au sérieux l’Évangile, on n’aurait gardé aucun souvenir de lui. François n’a pas opéré dans l’Évangile des choix entre ce qui lui convenait et ce qui le dérangeait, il a simplement pris le tout. Je ne me lasserai pas de répéter mon souhait que l’on puisse voir et dire « L’Église, c’est l’Évangile qui continue ». C’est mon vœu de Pâques, en mode « franciscain ».
+ Charles Morerod OP