Alors qu’un code de conduite est introduit dans la partie germanophone de la région diocésaine de Fribourg (Deutschfreiburg), je me rappelle de ce qu’avait dit une agente pastorale dans une rencontre sur les abus sexuels, à Lausanne : « Quand nous recevons quelqu’un pour parler de questions spirituelles, nous devons toujours nous demander si nous cherchons sa liberté ».

Cela m’avait frappé et m’a fait penser à John Henry Newman, qui a été canonisé en même temps que Marguerite Bays (ce qui avait été une grande joie pour moi). Quand Newman a quitté Oxford pour aller méditer à Littlemore sur son évolution personnelle, des étudiants (dont il était l’aumônier) ont voulu le suivre. Il ne l’a pas accepté, et commente ainsi cette situation : « Mon grand principe a toujours été “vivre et laisser vivre”. Je n’ai jamais eu le calme ou la dignité nécessaires à un leader. Jusqu’à la fin, je n’ai jamais reconnu l’emprise que j’avais sur les jeunes hommes. Ces dernières années, j’ai lu et entendu qu’ils m’imitaient même de diverses manières. J’étais tout à fait inconscient de cela, et je pense que mes amis immédiats savaient trop bien à quel point je serais dégoûté par la nouvelle, pour avoir le cœur de me le dire » (Apologia pro vita sua, Part 4. History of My Religious Opinions <from 1833 to 1839>).

Dieu nous laisse libres pour que nous puissions décider de répondre à son amour. Cela ne doit pas déboucher sur une spiritualité de la photocopieuse, où tout le monde aurait le même sourire.

+ Charles Morerod OP