Nous sommes en Avent : le Seigneur vient. Nous allons à sa rencontre, et nous ne le faisons pas seuls. Je vous le dis en méditant sur ce que S. Jean Chrysostome dit à propos de la rencontre de S. Pierre avec Jésus, favorisée par S. André : « [O]n ne dit pas que Pierre a cru aussitôt, mais que son frère le conduisit à Jésus pour le lui confier, afin que Pierre soit entièrement instruit par lui. Car l’autre disciple était là et participait à l’entretien » (commentaire de S. Jean, office de la fête de S. André).

Nous allons donc ensemble à la rencontre du Seigneur qui vient à nous, en nous soutenant mutuellement (de manière visible et invisible), pour le meilleur et pour le pire. Notre communauté traverse des tempêtes. Nombre de vous avez pu observer récemment mon souci, en l’interprétant souvent comme l’expression d’un poids « personnel » alors qu’il s’agit d’une inquiétude communautaire. La question de Jésus (à propos de sa deuxième venue) me touche comme jamais auparavant : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18,8). Ce n’est pas une demande rhétorique, et il ne serait pas « catholique » (c’est-à-dire selon le tout) de ne retenir du Christ que des aspects isolés selon les circonstances : il est présent tous les jours jusqu’à la fin des temps, mais trouvera-t-il la foi ? Il nous offre toujours sa miséricorde, mais nous offre aussi une meule au pied face au scandale des petits, de cet impact sur les autres qui me donne un vertige croissant. Si nous prenons au sérieux la demande de Luc 18,8, écoutons avec urgence ce que le S. Esprit nous dit de ce que nous sommes et de ce que nous devons être. C’est bien le sens d’un processus synodal sur la synodalité. Écoutons ensemble le Saint-Esprit sur ce que nous sommes et devons être… Et faisons-le dans chacune de nos communautés : depuis le 29 novembres les délais suisses pour la réponse dans les diocèses ont été adaptés aux délais mondiaux, et vous pouvez envoyer vos réponses jusqu’au 1er mars.

Le processus va durer. Il ne s’agit pas que d’un cycle national, puis européen, puis mondial, et d’une fin. C’est la vie de l’Église qui implique, ou qui est, une écoute permanente du Seigneur, ensemble. Dans ce contexte, on m’a fait remarquer – non sans quelque raison – que j’avais anticipé le processus synodal en entreprenant une nouvelle organisation diocésaine. Maintenant j’attends sans trop m’exprimer… Mais tout de même, je dois dire que la visite ad limina (visite des évêques suisses à Rome) a représenté un encouragement actif pour cette réorganisation, bien au-delà de ce que j’attendais. Ceci dit, nous ne demandons pas au Seigneur qu’une organisation. Appelons ensemble : « ‘Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?’ (…) Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ?’ » (Marc 4,38.40).

+ Charles Morerod