Depuis la réflexion de la Conférence des évêques suisses sur cette question en décembre 2019, je vois comment je compte mettre en œuvre un processus synodal dans notre diocèse. J’envisage non pas une grande rencontre ou quelques grandes rencontres, mais une invitation large dans chaque Unité pastorale, permettant au plus grand nombre de participer. La pandémie a pour l’instant rendu ces rassemblements impossibles, mais nous espérons voir revenir la possibilité de rassemblements plus larges.

Que fait-on dans un rassemblement synodal ? Nous pouvons d’ores et déjà y réfléchir, en attendant des questions dont l’envoi général a été annoncé par le pape, ce qui peut avoir un impact sur la période de notre mise en œuvre.

Un thème souvent évoqué dans un tel contexte est celui du discernement des signes des temps, tel que présenté au Concile Vatican II : « [l]’Église a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. Il importe donc de connaître et de comprendre ce monde dans lequel nous vivons, ses attentes, ses aspirations, son caractère souvent dramatique » (Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes, 7 décembre 1965, § 4). Ce texte introduit l’Exposé préliminaire sur « La condition humaine dans le monde d’aujourd’hui ». Cet Exposé préliminaire se conclut ainsi : « L’Église, quant à elle, croit que le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l’homme, par son Esprit, lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation. Elle croit qu’il n’est pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel ils doivent être sauvés. Elle croit aussi que la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine se trouve en son Seigneur et Maître. Elle affirme en outre que, sous tous les changements, bien des choses demeurent qui ont leur fondement ultime dans le Christ, le même hier, aujourd’hui et à jamais. C’est pourquoi, sous la lumière du Christ, image du Dieu invisible, premier-né de toute créature, le Concile se propose de s’adresser à tous, pour éclairer le mystère de l’homme et pour aider le genre humain à découvrir la solution des problèmes majeurs de notre temps » (§ 10). Nous voyons des questions à la lumière de la réponse que Dieu nous donne en venant.

Nous ne sommes donc pas appelés à regarder comment nous adapter (comme si nos structures ou notre vocabulaire devaient retenir l’essentiel de notre attention et de celle des autres), mais à faire connaître de manière reconnaissable la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, suivant la recommandation de S. Paul : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche » (Philippiens 4,4-5).

Préparons-nous dans la prière, « Car le Très-Haut possède toute connaissance, il a observé les signes des temps, faisant connaître le passé et l’avenir, et dévoilant les traces des choses cachées » (Siracide 42,18-19). Dans nos projets concernant la demeure du Seigneur, rappelons-nous que « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain » (Psaume 126 [127], 1). L’Église est animée par l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’on peut reconnaître en elle l’Évangile qui continue.

+ Charles Morerod