ll n’échappe à personne qu’après deux ans de pandémie nous nous trouvons confrontés à un risque de guerre mondiale, tout ceci avec la perspective que la terre devienne invivable. Qu’avons-nous à apporter en tant que chrétiens dans cette situation ?

Nous pouvons certes, en fonction de nos compétences, ajouter nos analyses à toutes celles qui sont déjà proposées et qui ne dépendent pas fondamentalement d’un point de vue religieux. Cela peut être utile. Mais avons-nous une contribution spécifique ? Sur la question écologique, l’encyclique Laudato Si’ avait insisté sur l’importance des motivations spirituelles ; c’est en effet fondamental, et pas seulement dans ce domaine. Ce n’est pas la même chose de croire ou ne pas croire que le Fils de Dieu s’est fait homme, est mort et ressuscité pour que nous ayons la vie.

Non seulement notre foi et notre espérance nous permettent d’affronter la mort, elles nous permettent aussi d’affronter la vie avec un regard positif, qui est d’abord un regard sur le Christ. Or le mois de mai commence par le troisième dimanche de Pâques, avec cette triple question de Jésus à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » (Jean 21,15-17). Cette question est au centre de la vocation de Pierre et de ses successeurs, et elle est la seule condition explicite posée par Jésus. Elle est donc aussi la condition centrale de notre propre apport de chrétiens. Si nous aimons Jésus-Christ, si nous le remercions de sa présence et l’adorons, alors nous avons la base de notre regard sur les personnes que Jésus aime. Nous voyons que nous ne sommes pas au centre du monde et nous nous donnons avec lui. C’est ce qui oriente nos relations avec notre prochain et donc aussi avec les générations futures.

+ Charles Morerod OP