Mot de l’évêque

En espérant que les conditions sanitaires le permettent, au moins pour les personnes vaccinées, notre processus synodal va commencer. Afin de favoriser une bonne participation, il aura lieu dans chaque Unité pastorale. Nous devons recevoir de Rome des questions à aborder : elles arriveront à la conférence épiscopale, qui devra éventuellement déterminer les modalités de la transmission (je ne sais pas si tout devra être transmis tel quel ou s’il faudra faire des adaptations). Ce qui est possible dès maintenant est notre préparation : je vous invite à prier pour ce processus, afin que ce soit l’Esprit Saint qui nous guide. La parole que nous y prendrons dépendra largement du silence qui la préparera.

Ayons une approche positive : nous pourrions nous lamenter en observant des statistiques, dont il faut certes tenir compte et dont nous avons déjà connaissance par notre propre expérience. Le but n’est pas une méditation morose mais la communication de la Bonne Nouvelle. L’apparition dans notre monde du Verbe fait chair est motif de joie : « Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David » (Luc 2,10-11).

Je reste frappé par la question d’un confirmand : « Ma question c’est pourquoi Dieu est jamais en personne mais par des sortes de ‘pass pass’ comme Jésus ». Eh bien qu’y répondons-nous ? Certes que Jésus est Dieu présent en personne, mais aussi nous sommes nous-mêmes des « sortes de pass pass » par lesquels Jésus est présent. Jésus peut dire à Saul « Je suis Jésus que tu persécutes » (Actes des Apôtres, 9, 5) alors que ce sont les disciples qui sont persécutés. S’il pourra nous dire à tous « dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25,40 ; ou le contraire en 25,45), c’est bien qu’il est présent en nous. Et c’est particulièrement vrai lorsque deux ou trois sont rassemblés en son nom (cf. Matthieu 18,20). Nous sommes le Corps du Christ, fait par l’eucharistie et qui fait l’eucharistie, comme le résumait le P. Henri de Lubac. Que le processus synodal fasse apparaître ce que nous sommes.

En fait le programme d’un processus synodal est la continuation de celui que résumait le Concile Vatican II : « Le Christ est la lumière des peuples; réuni dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes les créatures la bonne nouvelle de l’Évangile répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église (cf. Marc 16, 15). L’Église étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain, elle se propose de mettre dans une plus vive lumière, pour ses fidèles et pour le monde entier, en se rattachant à l’enseignement des précédents Conciles, sa propre nature et sa mission universelle. À ce devoir qui est celui de l’Église, les conditions présentes ajoutent une nouvelle urgence: il faut que tous les hommes, désormais plus étroitement unis entre eux par les liens sociaux, techniques, culturels, réalisent également leur pleine unité dans le Christ » (Constitution dogmatique sur l’Église, Lumen Gentium, 21 novembre 1964, § 1).

+ Charles Morerod