Mot de l’évêque

Avant les vacances, je voudrais d’abord vous souhaiter de pouvoir prendre un repos nécessaire. J’ajoute que de mon côté j’ai pris conscience l’année passée de la nécessité de plus de repos, parce que je suis revenu plus fatigué que je n’étais parti, et je suppose qu’il faut tenir compte de l’âge. Soyons attentifs à ne pas remarquer trop tard la charge de fatigue. Du moment que je parle à première personne, j’ajoute que j’ai décidé de prendre des mesures plus radicales pour être au moins un jour par semaine à l’évêché (pour y travailler sans rendez-vous, parce qu’actuellement les rares jours que je passe à l’évêché sont des enchaînements de rendez-vous), pour que les retards ne s’accumulent pas, et que j’ai décidé que je n’accepterais plus d’engagement extérieur le mardi : il me semble utile de vous en informer, et en même temps de vous demander pardon pour trop de retards que vous pouvez percevoir comme des manques d’attention.

Lors de l’enterrement de l’abbé Paul Dévaud, l’abbé Martial Python a cité une très belle anecdote reçue d’une des sœurs du défunt (nous savons leur proximité). Il y a quelques années, l’abbé Dévaud se trouvait avec ses sœurs dans le train, et deux jeunes à côté d’eux parlaient de la mort. L’un des jeunes essayait de convaincre l’autre qu’après la mort on voit une grande lumière au bout d’un tunnel. A un moment donné les deux jeunes se sont tournés vers l’abbé Dévaud et lui ont demandé ce qu’il pensait de la question. Il a répondu (sans doute assez précise, bien que passant par trois mémoires) : « Moi, voir quelque chose (lumière), ça ne m’intéresse pas. Je veux voir quelqu’un. Et je sais qui c’est : Jésus-Christ. Et il est déjà là, et c’est beau ! » Je trouve que cette réponse, dont la spontanéité exprime la vie et la prière de la personne, est un excellent résumé de la foi chrétienne.

+ Charles Morerod OP